Séquence 2 - Nature à portée de main

Filmée durant un après-midi ensoleillé, la deuxième séquence correspond à la traversée de la rivière Avon, à l’amont de Bristol. L’aire de pique-nique et le ponton se trouvant en contrebas, accessible depuis bristol et bath par le chemin, font du Railway Path un lieu de forte affluence. On entend musiques, conversations, plongeons. Le tracé rectiligne, les nombreux ponts, le relatif déboisement et la topographie plate de la vallée de l’Avon accentuent la dimension paysagère du lieu.

La ville n’est pas présente visuellement mais la forte densité et le type d’usage laissent deviner la présence d’un grand pôle de population à proximité. Le partage du chemin entre piétons et trains est également une composante urbaine. Les contraintes de sécurité obligent une stricte division de l’espace et un aménagement clair.

Dans le point précédent, la ville est envisagée comme un monde maitrisé et civilisé à l’inverse du monde sauvage qui serait anarchique. Cette définition est assez intuitive et peut avoir du sens, mais elle est bien insuffisante voire assez inexacte :

- Le monde rural est, bien que non urbain, parfaitement civilisé et maîtrisé

- Certaines zones urbaines ont un fonctionnement informel et anarchique

Dans l’analyse qui suit, nous chercherons, le long du chemin, ce qui fabrique la ville, à mesure que l’on s’enfonce dans celle-ci. De nombreux codes visuels feront appel au ressenti et l’analyse aura donc une grande part de subjectivité. Ce constat exige une importante prise de recul afin d’éviter les pièges, idées reçues sur l’urbain et simplifications. Nous avons vu, par exemple, qu’observer le seul niveau d’aménagement pouvait induire en erreur.

Par ailleurs, il est parfois utile de s’intéresser à l’anti-objet d’étude pour avancer, ce qui dans notre cas est assez difficile. Qu’elle est l’inverse de la ville ? Le monde sauvage ou la ruralité ? Les deux semblent eux-mêmes opposés l’un de l’autre, approcher le sujet en poursuivant une opposition binaire est illusoire.